Comment publier une BD ou un livre ?

 

Comment éditer son livre, comment le commercialiser, comment se faire connaître, quelles dispositions légales ?

Ici, je vais vous expliquer comment j'ai fait, ce qui n'est bien entendu pas l'unique façon...

D'autres expériences sont aussi disponibles sur le net.

 

 

1ère étape : chercher un éditeur

Dans le cas d’une BD, on peut même commencer avant de l’avoir terminée. En effet, certains éditeurs demandent un délai de plusieurs mois avant de donner réponse. Dans mon cas, j’ai commencé à chercher un éditeur dès octobre 2016 alors que je n’en étais qu’à la page 35 (sur 46) et ne pensais terminer ma BD qu’en avril-mai 2017.

 

Ce qu’il faut faire : d’abord cibler les éditeurs susceptibles d’être intéressés par le style de votre livre.

Personnellement, j’ai cherché des éditeurs de livres jeunesse, sur http://www.ricochet-jeunes.org/editeurs (voir lien ci-contre)


 

Ensuite, je suis allée visiter le site internet de plusieurs éditeurs potentiels et j’en ai sélectionné quelques-uns, qui publient aussi des BD.

Sur leurs sites, on trouve en général les coordonnées du service éditorial. C’est là que j’y ai envoyé mon projet. Certains éditeurs préfèrent le recevoir par écrit, d’autres par e-mail.

 

 

Ce que j’ai mis dans mon projet :

 - une présentation globale et synthétique de la BD qui comprend le sujet, le public visé, le thème de l’histoire, les héros, le nombre de pages etc…

 - une présentation dessinée des principaux personnages

 - le synopsis

 - les 5 premières pages terminées

2ème étape : les réponses des éditeurs

Certains ne répondent même pas. D’autres vous envoient une réponse négative type. Certains m’ont quand même félicité pour mon projet et son originalité. D’autres vous expliquent clairement les raisons de leur refus.

 

Malheureusement, aucun n’a voulu se risquer à publier ma BD.

 

Si cela vous arrive, ne vous découragez pas. Ce n’est pas nécessairement parce que votre BD n’est pas terrible, mais peut-être tout simplement parce que l’éditeur n’a pas voulu prendre le risque de publier une ènième nouveauté. En effet, publier une BD et la distribuer en librairie a un coût qu’un éditeur ne pourra amortir que s’il en vend un grand nombre.

 

 

 

3ème étape : l'auto-édition

Dans ce cas, c’est nous l’éditeur ! C’est nous qui faisons le boulot d’un éditeur, c’est-à-dire :

 - demander un N°ISBN à l’AFNIL (gratuit),

 - faire imprimer le livre,

 - faire un dépôt légal à la bibliothèque nationale de France (BNF) et au CSCPJ pour les publications destinées à la jeunesse.

 - commercialiser, voire distribuer son œuvre.

 

Il y a plusieurs possibilités en fonction du risque financier que vous voulez prendre.


Cas 1 : le site d'auto-édition

C'est la solution la moins risquée financièrement.

Il en existe plusieurs : Lulu.com, edilivre, thebookedition.com…


 

Personnellement, j’ai utilisé le site thebookedition.com pour le premier tome des aventures de Julie et Beau Prince : « l’île de l’Oiseau de feu ».

Avantages

 

Aucun risque financier.

 

L’impression du livre se fait à la demande : si vous vendez un livre, il est imprimé à ce moment-là seulement.

 

Le site met votre livre en vente en ligne et vous verse les bénéfices à chaque livre vendu.

 

Vous choisissez vous-même le prix de vente en fonction du coût d’impression et de la marge choisie.

Si votre marge est supérieure ou égale à 30%, vous avez maintenant la possibilité, avec le site thebookedition.com, de mettre votre livre en vente en librairie.

 

Vous pouvez aussi demander un N°ISBN et faire le dépôt légal à la bibliothèque de France.

 

Inconvénients

 

L’impression à la demande reste relativement chère pour un exemplaire (dans mon cas, 12,98 €, mais il y a des réductions si on commande plusieurs exemplaires) ce qui m’oblige à mettre un prix de vente assez élevé (13,99€) et à faire une marge très faible, de l’ordre de 1-2€/livre vendu. A noter tout de même que chez thebookedition.com, les prix ont bien baissé ces derniers temps.

 

De plus, il n’est pas possible d’imprimer la BD en qualité « BD », avec une couverture rigide et un dos cousu. C’est juste une BD avec une couverture souple et un dos collé (ce qui n’enlève rien au contenu).

 

Enfin, vu la très faible marge réalisée, il n’est pas possible de mettre le livre en vente en librairie. En effet, celles-ci demandent en général 30% de commission (40% pour la FNAC), ce qui causerait un déficit (sauf si j'augmente encore le prix de vente). Il faut donc se contenter de vendre juste sur le site « thebookedition.com » (ou lulu, ou edilivre…) et/ou vendre dans son entourage proche, en direct (famille, amis, collègues, voisins…).


Comment publier, éditer un livre ou une BD ? L'île de l'Oiseau de feu, photo de couverture, les aventures de Julie et Beau Prince, par Emmanuelle OLGUIN, COBEditions
Comment publier, éditer un livre ou une BD ? L'île de l'Oiseau de feu, photo des pages intérieures. Les aventures de Julie et Beau Prince, par Emmanuelle OLGUIN, COBEditions

"Lîle de l'Oiseau de feu". Une aventure de Julie et Beau Prince. BD jeunesse. Emmanuelle OLGUIN

Cas 2 : l'auto-édition "professionnelle"

C'est beaucoup plus risqué financièrement.

 

Voici comment j’ai fait pour publier le 2ème tome des aventures de Julie et Beau Prince : "Entre les pages des Volcans".

 

D’abord, je suis allée voir un éditeur professionnel (qui ne faisait pas du tout ni dans la BD ni dans le livre jeunesse mais qu’importe…), près de chez moi. Il a bien voulu me recevoir pour me donner des conseils et je l’en remercie. Je lui ai présenté mes originaux, il m’a parlé de qualité d’impression et de distribution. Ce dernier point est le plus délicat. En effet, les coûts d’impression à l’unité varient énormément en fonction de la quantité de livres que vous allez imprimer. En clair, c’est surtout le premier exemplaire qui est cher, ensuite, plus vous faites imprimer un nombre important d’exemplaires, moins l’exemplaire vous reviendra cher.

 

C’est alors qu’il est très important d’estimer combien vous pouvez vendre de livres, et en fonction de cela, y mettre un prix de vente.

 

J’ai d’abord demandé des devis à quelques imprimeurs. Certains vous font des devis directement en ligne (exemples ci-dessous) mais ce ne sont pas forcément les plus intéressants.

 

N’hésitez pas à contacter les imprimeurs pour leur demander un devis personnalisé. J’en ai contacté 6 en leur demandant à chacun un sextuple devis : 100, 500 et 1000 exemplaires en couverture souple et 100, 500 et 1000 exemplaires en couverture cartonnée rigide. Seuls 4 imprimeurs m’ont répondu :

 

Le prix le plus intéressant pour un livre de qualité BD (couverture rigide), c’est Printteam qui me l’a donné. De plus, la personne responsable, Danielle, est très sympathique : elle a pris le temps de m'appeler pour me demander exactement ce que je voulais. En particulier, c'est la seule imprimerie qui m'a proposé un prix intéressant en qualité BD couverture rigide pour de petites quantités : de l'ordre de 12€ par exemplaire pour 100 exemplaires, facilement vendables dans notre entourage.

 

Mais j’ai préféré choisir l’imprimeur Farman, pour un prix à peine plus cher, pour des raisons de proximité. La proximité (25 km, en ce qui me concerne) permet en effet de rencontrer l’imprimeur, de lui soumettre mes originaux, ce qui va lui donner la possibilité de paramétrer au mieux sa machine pour un rendu le plus fidèle possible des couleurs. Il m’a même proposé de scanner à nouveau mes planches, en haute définition, et de les paramétrer pour un rendu optimal à l’impression. En effet, les couleurs qui apparaissent à l’écran sont différentes de celles qui apparaissent sur le papier.

Mais revenons à nos devis.

Une fois que j’ai eu connaissance des prix d’impression, j’ai misé sur 500 ou 1000 exemplaires et j’ai calculé ma marge en déduisant du prix de vente souhaité les charges : le coût d’impression, la commission libraire, les charges sociales (13% du chiffre d’affaires pour un micro-entrepreneur), les éventuels frais de port et le don à Handicap International. J’ai ensuite préparé un bulletin de souscription avec 2 prix de vente pour 2 qualités différentes d’impression

Je suis ensuite allée faire le tour des librairies de Reims, y compris la FNAC, avec mes originaux. Je leur ai présenté mon travail, et leur ai demandé s’ils étaient prêts à mettre ma BD en vente.

A ma grande satisfaction, j’ai reçu un très bon accueil et chacun de me donner ses petits conseils. En particulier : toutes les librairies ont été unanimes sur un point : il est impératif de faire imprimer ma BD avec une couverture rigide (type BD), quitte à y mettre un prix de vente un peu plus élevé.

Certaines proposent même des séances de dédicaces.

 

J’ai donc décidé de prendre le risque de faire imprimer 1000 BD, avec une couverture rigide, en espérant qu’elles ne me resteront pas sur les bras.

 

J'ai reçu mes 1000 BD début juillet 2017 et j'ai aussitôt fait le dépôt légal à la BNF et CSCPJ (pour les publications destinées à la jeunesse)

 

Comment publier, éditer un livre ou une BD ? "Entre les pages des Volcans", photo de couverture, les aventures de Julie et Beau Prince, par Emmanuelle OLGUIN, COBEditions
Comment publier, éditer un livre ou une BD ? "Entre les pages des Volcans", photo des pages intérieures. Les aventures de Julie et Beau Prince, par Emmanuelle OLGUIN, COBEditions

"Entre les pages des volcans". Une aventure de Julie et Beau Prince. BD jeunesse pédagogique. Docu-fiction en BD. Emmanuelle OLGUIN

Cas 3 : la plateforme de financement participatif

Le principe de la plateforme de financement participatif, c'est de demander aux internautes, via les réseaux sociaux notamment, de financer par anticipation la sortie du livre, avec des contreparties, et par la même occasion de tester son éventuel succès.

Il existe plusieurs plateformes, certaines généralistes (Ulule, Kisskissbank...), d'autres spécialisées.

Une est spécialisée dans l'édition de bandes dessinées : SANDAWE.

Je n'ai pas testé le financement participatif.

 

4ème étape : la commercialisation

Quelques préliminaires sont nécessaires avant de commercialiser.

Le statut

Quelques semaines plus tôt, je m'étais déclarée comme auto-entrepreneure, afin d'être en règle, d'avoir un numéro de SIRET et de pouvoir faire des factures. C'est gratuit.

Ce statut est très pratique lorsqu'on débute une activité et qu'on vend peu.

En effet, vous ne payez des charges sociales et des impôts que si vous vendez, c'est à dire rien si vous ne vendez rien.

De plus, pas besoin de tenir une comptabilité, et pas d'assujettissement TVA.

Un site internet

Un peu avant de faire imprimer ma BD, j'avais créé un site internet. J'y ai donc inscrit l'adresse dans la BD. Cela me permet, entre autres, de faire le lien entre les 2 tomes des aventures de Julie et Beau Prince.

Comment faire un site internet lorsqu'on n'y connaît rien ?

J'ai téléchargé un e-book sur internet, que je vous recommande vivement, car il est très bien fait et tout à fait adapté pour les débutants.

La commercialisation

J'en suis là pour le moment.

En plus de vendre autour de moi (collègues, famille, amis, voisins...), j'ai fait des dépôts-ventes dans les librairies locales et je sollicite quelques librairies plus éloignées mais relativement spécialisées par rapport au thème des sciences et des volcans : Vulcania, Cité des Sciences à La Villette, Le Vaisseau à Strasbourg... C'est encore en cours, congés obligent ou budget 2017.

Pour la FNAC, il faut d'abord se faire référencer sur SFL, le site de référencement de FNAC.com. C'est le vendeur de la FNAC de Reims qui me l'a proposé et qui m'a donné l'adresse de qui contacter.

Dès la rentrée de septembre, j'irai solliciter les journalistes pour un petit article sur mon livre dans le journal local.

Je pense aussi rencontrer des directeurs(rices) d'écoles car c'est un livre pour enfants.

Dans un avenir plus lointain, pourquoi ne pas faire un marché de Noël ou une brocante ?

En novembre, des supermarchés m'ont proposé de faire des séances de dédicaces, le temps d'un week-end.

Plus tard, j'essaierai aussi d'être présente sur des sites internet de promotion de la bande dessinée, des librairies en ligne et pourquoi pas proposer un e-book.

Bref, il va falloir me bouger et y consacrer du temps.

 

Après un an, voici le bilan :



Que faire si les ventes ne décollent pas et que je reste avec un stock important sur les bras ?

Il existe toujours la possibilité de passer par un distributeur. Ils prennent en général 70% du prix final. J'ai fait mon calcul, je serai à perte, mais moins que si je ne vend rien du tout... et ça me permettra de me faire connaître.

Écrire commentaire

Commentaires: 3
  • #1

    Japhet (lundi, 11 juin 2018 10:05)

    Bonjour, j'ai besoin de publier mes bandes de ciné mais je ne sais pas comment faire et c'est la raison pour laquelle j'ai besoin de votre aide!!!!! J'attends votre réponse SVP!
    voici mon adresse mail: joshuangwej@gmail.com
    Merci pour votre compréhension!

  • #2

    drawfromparis (mercredi, 10 octobre 2018 11:03)

    Superbe article, merci d'avoir partagé votre expérience enrichissante :)

  • #3

    Emmanuelle (mercredi, 10 octobre 2018 13:16)

    Merci beaucoup drawfromparis.
    Votre commentaire me fait super plaisir !